Bordeaux-Bourgogne : le match !

En matière de vin, le match Bordeaux-Bourgogne serait capable de faire se brouiller deux meilleurs amis partisans de l’une et l’autre des régions ! Comme l’équipe d’oenotourisme.com est pacifique et ne veut se fâcher avec personne (ah ça non !), on se la joue le plus objectivement possible : on vous donne de quoi juger, et on vous laisse vous faire un avis sur la question. C’est parti !

La taille du vignoble

Est-ce vraiment la taille qui compte…? Vaste débat ! Si Bordeaux est plus étendu en surface avec ses 111 000 ha de vignes (contre 28 000 ha pour la Bourgogne), la Bourgogne compte quant à elle une centaine d’AOC, là où Bordeaux en compte 65 réparties de part et d’autre de la Garonne.

Les hommes du vignoble

À Bordeaux, 6 460 viticulteurs, 300 maisons de négoce, 36 caves coopératives et quatre unions.

En Bourgogne, 3 890 domaines viticoles, 282 maisons de négoce et 17 caves coopératives.

Et, petite précision terminologique, à Bordeaux le terme de « château » est le plus fréquemment employé, là où en Bourgogne on parle plus volontiers de « domaine » ou de « clos ».

La production

Bordeaux produit chaque année en moyenne 5 millions d’hectolitres, soit 700 millions de bouteilles, dont 42 % partent à l’export, pour un chiffre d’affaires de 3,78 milliards d’euros.

Côté Bourgogne, 1,5 million d’hectolitres en moyenne et 185 millions de bouteilles commercialisées, dont plus de 50 % à l’export, pour un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros.

Terroir mon beau terroir

D’une rive à l’autre, les terroirs sont variés dans le vignoble bordelais, plus argilo-calcaires rive droite et dans l’Entre-Deux-Mers, plus graveleux dans les Graves, le Sauternais et le Médoc.

Si le calcaire est le sol phare de la Bourgogne, la magie de ce vignoble réside dans ses Climats de Bourgogne (au nombre de plus de 600) classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015, véritable mosaïque de terroirs avec des différences notoires parfois à quelques mètres d’intervalles. Fruit de cette diversité, une immense variété de vins bourguignons hiérarchisés à quatre niveaux : les appellations régionales (50 % de la production), communales, dites aussi villages (30 % de la production), les premiers crus (environ 10 % de la production) et, en haut de la pyramide, les grands crus.

Et toi, c’est quoi ton cépage ?

Aucun risque de confondre les encépagements bordelais et bourguignon, puisqu’ils n’ont pas grand chose  en commun ! À Bordeaux, les cépages rouges ont la part belle, représentant 88 % de la superficie du vignoble. Le merlot est le plus planté (Bordeaux premier producteur mondial  de merlot), suivi du cabernet-sauvignon, du cabernet franc et d’autres cépages tels que le malbec, le petit verdot ou le carménère. Côté blancs, le sémillon et le sauvignon blanc se partagent l’affiche à quasi-égalité, accompagnés plus résiduellement de la muscadelle, et d’autres variétés plus secondaires (colombard, merlot blanc, chenin, folle blanche, mauzac, ondenc, ugni blanc).

En Bourgogne, l’encépagement est plus équilibré entre cépages blancs et rouges. Le blanc chardonnay domine l’encépagement (51 %) suivi du rouge pinot noir (39,5 %). Ils sont accompagnés de façon plus accessoire de l’aligoté (6 %) et du gamay (2,5 %).

Plutôt rouge ou blanc ?

Les deux régions produisent une trilogie de couleurs de vins, rouges, blancs secs et rosés, tranquilles et crémants (en blanc et rosé). À l’évocation du nom de « Bordeaux », l’amateur « voit rouge ». Et pour cause, les vins rouges dominent la production bordelaise à 86 %. En Bourgogne, ce sont en revanche les blancs qui sont les plus produits (62 % de la production).

Assemblage ou monocépage ?

À Bordeaux, l’assemblage (association de plusieurs cépages pour créer le vin) est la tradition, même si l’on trouve également quelques vins monocépages. Les rouges sont globalement plutôt dominés par le charmeur merlot rive droite, et par l’élégant cabernet sauvignon rive gauche. Du côté des blancs, sémillon et sauvignon forment un mariage heureux, parfois complété par la très aromatique muscadelle.

La Bourgogne, elle, joue la carte « monocépage », avec des vins majoritairement issus du pinot noir pour les rouges et rosés, et du chardonnay pour les blancs. Et attention, monocépage ne veut pas dire uniformité de profils, puisque l’expression d’un même cépage peut être infiniment différente au fil des climats qui composent la région viticole bourguignonne.

La forme de la bouteille

Aussi appelée « frontignan », la bouteille de Bordeaux avait auparavant une forme conique. Mais cela n’étant ni très pratique, ni très solide, les bouteilles sont devenues cylindriques. Cette forme aux épaules robustes est très utilisée en France et dans le monde.

La bouteille bourguignonne a des courbes plus voluptueuses, des épaules douces et un col fin et haut (elle est aussi employée par quelques bordelais, comme par exemple le célèbre château Haut-Brion, en Pessac-Léognan).

Bon, et après tout ça, vous alors, vous êtes plutôt du genre Bordeaux ou Bourgogne?

Si vous n’arrivez pas à trancher, on vous engage à déboucher une bouteille de chaque région, et à les déguster avec des amis !

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